18 janvier 2015

Théologie, le retour ?


Je voulais réagir au billet de Patrick, celui ci: 
http://lemondecommeonlevoit.blogspot.fr/2015/01/theologie-ou-au-harem-darchimede.html

Je comptais le faire dans le module de commentaires mais il se trouve que la réponse était trop longue et me semblait adaptée à la rédaction d'un autre billet, en réaction ou en complément du sien...
Après tout, c'est le but du jeu, d'enrichir nos réflexions...
Dont acte...


Beaucoup de points à reprendre, ou plutôt, sur lesquels réagir.
Sur la loi tu talion, sur la notion de foi, sur l'institution papale en particulier et le pouvoir politique des religieux en général, entre autre.
Chaque sujet pourrait faire l'objet de plusieurs billets mais déjà, de rapides réflexions ;)

Sur la loi du talion (qui ne porte pas, que je sache, ce nom là dans la bible): 
Pour les chrétiens, sa première apparition dans les écritures est très anciennes, puisqu'on la retrouve dans l'Exode, puis dans le Lévitique et le Deutéronome.

Incise, pour ceux qui l'ignorent:

L'Exode correspond à la seconde période, vient après la Genèse et décrit la sortie du peuple élu d'Egypte, le "main character" étant Moïse, c'est dans ce livre que s'affirme le lien privilégié entre Dieu et le peuple d’Israël et c'est surtout dans ce livre que les lois fondamentales sont offertes à l'homme -au peuple élu du moins, les enseignement n'étant pas encore universalistes, ce qui viendra avec Jésus, mais bien plus tard- par le biais des tables de la Loi (les dix commandements).
Le Lévitique est le livre qui contient l'ensemble des règles qui régissent le loi des hommes, que sont chargés d'appliquer les prêtres (issus selon la volonté de Dieu, de la tribu de Levi, d'où le nom du livre). En toute logique, on retrouve cette règle de la peine symétrique, dent pour dent, œil pour œil etc...
Le Deutéronome est un texte qui reprend les derniers épisodes de la vie de Moïse et dans lequel est transmis le message de Dieu et l'on y retrouve également cette règle, parmi d'autres. Il reste l'un des livres fondateurs de la tradition juive, et chrétienne.

Fin d'incise.

On notera (si on l'a lue ou qu'on s'y est penché et c'est sans obligation) tout du long de la Bible que le rôle de Dieu évolue sans cesse, selon ses interlocuteurs et qu'il passe d'un Dieu terrible et vengeur, aux temps de la Genèse puis de l'Exode, à un Dieu d'amour de son prochain, lors qu’apparaît Jésus, le Messie.
C'est "amusant" de constater la lente évolution vers cet amour: à noter que c'est l'Homme qui influence Dieu et qui à plusieurs reprise l'incite à d'avantage de clémence et que Dieu, en "remerciement" de la sagesse et de la générosité de l'Homme et surtout de sa dévotion, inscrit dans ses lois, la loi des Hommes, des commandements plus cléments
... 
Intéressante interaction... Qui peut apporter de l'eau au moulin de ceux qui s'interrogent sur ce point : l'Homme a t il été créé par Dieu ou Dieu a t'il été créé par l'Homme ?
Point culminant de cette interaction, la venue du Messie, fils de l'Homme et fils de Dieu tout à la fois, dans lequel se rejoignent le divin et le terrestre.


Avec l'enseignement de Jésus s'efface la loi du talion, barbare et primitive, au profit de l'empathie et de la compréhension (ce qui ne veut pas dire qu'il ne persiste aucune faute punissable).
Néanmoins, l'un des apports majeurs du Christianisme, comme doctrine philosophique, c'est cette idée là de l'amour du prochain, l'Agapé, complètement différent de tout autre amour jusqu'alors énoncé.
Au passage et n'en déplaise aux athées et laïques, les droits de l'Homme sont directement inspirés de cet Agapé... et l'HOMME en tant qu'entité philosophique supérieure à toute autre, n'est rien de plus qu'une figure divine... Déification de l'Homme et laïcité, voilà qui mériterait un sujet en soi, d'ailleurs.

Sur la notion de foi, j'aime assez, même si c'est proche du ridicule, cette boutade qui dit que la foi c'est comme la bite, c'est chouette d'en avoir une et d'en faire usage, mais c'est plus que déplacé de l'imposer à tout le monde... (voyez comme on peut redescendre vite, dans le déroulement du discours, c'est presque magique... hihihi).
Formule élégante pour dire, si besoin en était que la foi relève de l'intime et de la mystique propre à chacun.
Que malgré les efforts des pouvoirs religieux pour asservir les peuples, l'intime conviction de chacun n'est pas négociable. On croit ou on ne croit pas, en son for intérieur.
Il est indéniable que la foi est devenu une monnaie d'échange et de chantage affectif, dans les discours et dans les dogmes... Ce qui par nature la dévoie.
J'ajouterais aussi, que l'Homme est depuis toujours et constamment face à un mystère, celui de sa présence sur terre, de sa conscience de s'y trouver, de la finalité de cet état de fait (à mener, une réflexion sur le POURQUOI -la cause- et le POUR QUOI -la finalité-).

Aussi, il est impensable d'imaginer l'Homme absout de questionnement métaphysique.
Et peu ou prou, qu'on place sa confiance (fides, origine latine de confiance et de foi... hum hum) en l'Homme ou dans une divinité, ça revient presque au même.
Patrick dit "la foi est une croyance sans preuve".
Et par voie de conséquence, une idée pure.
En quoi je le rejoins.
Avoir la foi, c'est croire en une idée pure et désincarnée.
Croire en l'invisible, l'impalpable ou l'indicible, en une notion supérieure à soi même et supérieure à la loi des hommes.
Et ça n'est pas une denrée négociable, contrairement à ce qu'aimeraient prétendre les religieux de tous bords.

Il ne faut pas se méprendre, la foi est la même, quelle que soit la confession des uns ou des autres. Dès lors qu'on admet un tout supérieur à soi et qu'on fait sienne l'idée d'une transcendance, on vit la même réalité métaphysique.
Ce qui opère un tri ultérieur, c'est l'outil humain destiné à soumettre d'autres humains à ses propres intérêts.
La foi, en elle même, échappe à la religion, tout comme à la politique.
L'une comme l'autre étant (politique et religion) des outils d'avilissement et d'asservissement dans les faits, sinon dans les intentions.


Et là, je sens bien poindre les questions sur le rapport entre foi et religion.
Une religion, selon moi, c'est un outil politique, ni plus ni moins, un instrument de pouvoir et une déviance intellectuelle de la notion de foi.
Je comprends parfaitement qu'on adhère à une communauté philosophique, dans laquelle on se retrouve. Cette communauté philosophique peut se nommer judaïsme, christianisme, islam, bouddhisme, taoïsme, à vrai dire, je m'en tape.

Là où je coince un peu plus, c'est quand on érige du droit humain, de la coercition, de l'ordre (au sens de directive), du malheur et du désarroi au "nom" de cette communion philosophique.
Quand l'homme asservit l'homme.
La maxime dit "le capitalisme, c'est l'exploitation de l'homme par l'homme et le communisme c'est l'inverse".
On oublie là dedans d'ajouter la religion, qui complète admirablement le trio.

Actuellement, c'est dans l'air du temps, d'estimer les torts et qualités supposées des religions, avec certaines qui seraient par nature plus vertueuses que d'autres.
Que je sache, chacune fonctionne sur les mêmes ressorts à de rares exceptions près.
L'asservissement de l'homme par l'homme.
Qu'on n'aille pas me faire croire qu’aujourd’hui l'une ou des religions révélée est plus vertueuse que sa copine.
L'histoire, que l'on sait écrire et réécrire garde les traces, nombreuses et puissantes, de l'indignité de chacune d'elle.
Y a pas de jaloux dans la distribution des prix.
Ni en Israël, avec les comportements pour le moins douteux des juifs intégristes, ni à plein d'endroits avec les islamiste ultra violents, ni en Europe avec les fous de Dieu catholiques, capables d'affrontement en Irlande jusqu'à pas loin de nous et capables de repartir en croisade à tout moment, manif pour tous ou haine islamophobe à la clef... pour ne citer que cela.
Avec à la tête des tout ce beau monde, qui donc ?
Dieu lui même ?
Mais qui est ce, Dieu, au fait, sinon l'expression pour chacun de la Foi, qui est rappelons le une idée, intime à l'extrême et unique à chacun...
Ou bien des hommes, avides de pouvoir, gorgés de haines et amateurs de sang et de larmes ?
La réponse est comprise dans la question.

Alors aujourd'hui, c'est bien malheureux, on tue et on fourbit des armes au noms des religions, et par extension, au nom de Dieu.
Mais c'est Dieu qu'on assassine...
Et ce sont les idées, qu'on tente de mettre à bas.

Rien de très glorieux dans tout ça.
J'avais annoncé au début du message, un point de vue sur l'institution papale en particulier.
Je pense que je viens de le faire sur les institutions religieuses en général juste au dessus.
Inutile de préciser encore le mépris qu'elles m'inspirent.
Sur la papauté, à peine besoin d'insister, il faut être vachement hypocrite pour y trouver son compte et vachement vouloir oublier ce qu'elle est et ce qu'elle a été, puis ce qu'elle peut redevenir à tout instant.
Parmi les plus grand massacres de l'histoire (physiques ou idéologiques), nombreux lui sont dus, croisades, inquisition, saint Barthélémy, saloperies en Amérique centrale et du Sud, Irlande du Nord etc... etc... etc... Dieu que la liste est longue.
Enfin, cette petite énumération est particulièrement réductrice et partiale.
Puis je n'aimerais pas jeter le bébé et l'eau du bain tout en même temps.
Simplement, il me semble que la nature même des constructions humaines reposant sur toute forme de pouvoir se vouent toutes seules à la corruption, matérielle, intellectuelle et philosophique.

Si actuellement, le pape en place semble modéré, rien ne prouve que les dérives passées du catholicisme ne soient pas prêtes à renaître et un réel danger quasiment immédiat pour une grande part de l'Humanité.

A côté de ça, toutes ces constructions humaines que certains détournent à leur bénéfice, sont peuplées d'individus.
Pour certains extraordinaires, pour tous uniques.
Alors, c'est drôlement compliqué de tout condamner en bloc.

Bon, je vais encore une fois "en rester là".
Mais à l'évidence, il y a matière à continuer.
Voilà, Patrick, un simple petit commentaire aurait mal suffit et tu m'as plongé dans un sujet qui me passionne et je tenais à te faire une réponse digne du billet que tu nous a offert.

A suivre, encore ;)

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